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Dupuytren

Qu’est-ce que la maladie de Dupuytren ?

Le plus souvent héréditaire, cette maladie bénigne peut se manifester à tout âge, même si elle survient principalement dans la seconde moitié de vie. La maladie est surtout fréquente dans l’hémisphère nord. Plus vous descendez vers le sud, plus elle se fait rare. Elle se caractérise par la formation d’un tissu cicatriciel dans la paume de la main, entre la peau et les tendons fléchisseurs. Débutant par de petits nodules, suivis de cordes, elle entraîne progressivement une flexion ou contracture des doigts. Les cordes se forment le plus souvent sur les 4e et 5e rayons de la main et peuvent s’étirer jusque dans les doigts. La maladie de Dupuytren n’est pas vraiment douloureuse, mais les cordes peuvent devenir sensibles, essentiellement à la préhension, au fil de leur évolution.

Symptômes et traitement de la maladie de Dupuytren

Dans des cas isolés, on peut observer la même formation de cordes sur la plante du pied (maladie de Ledderhose) et sur le pénis (maladie de Lapeyronie). La manière dont la maladie évolue n’est pas encore clairement élucidée. Les contractures peuvent s’aggraver, en particulier à la suite d’un traumatisme local. Il n’est par ailleurs pas possible de prévenir la formation des cordes. Une série de facteurs pronostiques, déterminant en partie l’évolution de la maladie, ont toutefois pu être identifiés : l’âge, la bilatéralité de l’atteinte, l’hérédité et la localisation autre que la main. Pour ce qui est du traitement, les étirements préventifs, la kinésithérapie, les médicaments ou les infiltrations n’ont pas la moindre utilité. Un traitement est proposé à partir d’une flexion de 30°, mesurée entre autres en demandant au patient de poser la main complètement à plat sur une surface plane. S’il n’en est plus capable, le test est considéré positif. La procédure conventionnelle à ciel ouvert consiste à réséquer le tissu cicatriciel (aponévrotomie partielle) et à corriger le déficit d’extension. Pour ce faire, le chirurgien passe par une incision en zig-zag (voie de Brüner). Signalons que la technique de l’aponévrotomie percutanée, grâce à laquelle la corde est découpée à l’aide d’une petite aiguille, n’est proposée que dans des indications très spécifiques. Après l’opération, le patient reçoit d’abord une attelle ou gouttière plâtrée, puis une orthèse d’extension sur mesure. Celle-ci doit être portée pendant 4 semaines environ. Une rééducation rapide est ensuite démarrée avec le kiné.



Nous pouvons également envisager une méthode plus récente : l’injection d’une collagénase (Xiapex) directement dans la corde. Cette infiltration se fait en consultation et est suivie, après 24 heures, d’une procédure d’extension du doigt pour faciliter la rupture de la corde. À ce jour, cette procédure n’est remboursée qu’à la condition de traiter 1 corde en 1 temps. L’infiltration, en revanche, peut être répétée si nécessaire. Après l’intervention, une lacération cutanée et un œdème/saignement sont possibles, mais passagers. Ce traitement donne de très bons résultats postopératoires, mais est strictement réservé à une série d’indications spécifiques. Il ne peut pas être envisagé dans tous les cas.

Ce contenu a été écrit par : Dr. Arne DecramerDr. Stijn MuermansDr. Jan NoyezDr. Karel Willems

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