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Traitement de l'arthrose du genou, prothèse du genou et d'autres options

Qu’est-ce que c’est ? 

L’arthrose ou usure du genou s’observe principalement chez les personnes plus âgées. La gonarthrose se caractérise par une usure générale du genou, l’amincissement et la disparition du cartilage s’accompagnant d’une dégradation de la qualité du ménisque. De ce fait, ces structures perdent leur fonction antichocs, entraînant un surmenage de l’os sous-jacent. L’arthrose se manifeste par une douleur mécanique typique, liée à la sollicitation de l’articulation. Il peut aussi être question de gonflement, de chaleur et de raideur. Le tout conduit à une perte de fonction, telle qu’une moindre distance de marche ou une difficulté à se lever d’une chaise. Initialement, les plaintes sont variables et le patient alterne les bons et les mauvais jours. Mais à terme, les plaintes prendront de plus en plus d’importance. Dans ses formes les plus graves, la gonarthrose finit par déformer les genoux, donnant naissance à des jambes en X ou en O.

  

La radio est un examen fondamental dans l’arthrose. Idéalement, les clichés sont pris alors que le patient est en position debout, de manière à pouvoir apprécier avec précision le rétrécissement de l’articulation. L’IRM est superflue dans de nombreuses situations. À ce jour, il n’est toujours pas possible de guérir l’arthrose. Le traitement consiste initialement à soulager les symptômes au moyen d’antalgiques et d’anti-inflammatoires. Il est par ailleurs conseillé d’y ajouter un renforcement musculaire et une adaptation de la sollicitation de l’articulation. Le port d’une orthèse peut être utile en ce sens. Chez les patients en excès de poids, une perte de 10 % du poids corporel peut déjà apporter une nette amélioration. Enfin, une infiltration peut aussi être envisagée, soit avec un gel soit avec un puissant anti-inflammatoire. En cas d’échec du traitement conservateur, l’étape suivante est la chirurgie. La seule option possible dans le cas d’une gonarthrose avancée est l’arthroplastie du genou. La prothèse ne sera cependant pas envisagée tant que le patient ne présente pas de symptômes suffisants et que le genou ne présente pas une usure suffisante. D’autres options, comme une arthroscopie ou une ostéotomie, sont possibles pour les formes moins sévères.

Vidéo : L’arthrose expliquée

Ostéotomie

Une ostéotomie est une opération destinée à corriger ou modifier l’axe de la jambe. Cette intervention est considérée chez les jeunes patients qui développent une arthrose précoce en conséquence d’une déviation de l’axe (jambes en X ou en O). Elle permet d’alléger les forces exercées sur le cartilage et donc de retarder le développement de l’arthrose. Il est ainsi possible d’éviter la pose d’une prothèse de genou à un âge relativement jeune. L’avantage de cette intervention sur l’arthroplastie est que le genou reste entièrement préservé, ce lui confère des sensations plus naturelles et une plus grande résistance aux sollicitations (sportives).

Pendant l’opération, l’os est presque entièrement scié, basculé et fixé avec une plaque et des vis.

 

Selon la localisation de la déviation, le chirurgien intervient au-dessus du genou (fémur) ou en dessous (tibia). Le patient reste généralement hospitalisé pendant 2-3 jours. Après l’opération, il devra marcher avec des béquilles pendant 6 semaines environ et sera en incapacité de travail entre 3 et 6 mois.

Prothèse de genou

La prothèse de genou est le traitement ultime de la gonarthrose. Face à une usure marquée du genou et une amélioration insuffisante des plaintes sous antidouleurs, la pose d’une prothèse de genou est un très bon traitement. Les résultats à long terme obtenus avec les implants actuels montrent une survie de 95 % à 15 ans et de 85 % à 20 ans. La plupart des patients peuvent dès lors garder leur prothèse de genou jusqu’à la fin de leur vie. Il existe différents types de prothèses de genou : la prothèse totale de genou, la prothèse unicompartimentale de genou (ou demi-prothèse) et la prothèse fémoro-patellaire de genou (ou prothèse rotulienne). Celle qui est posée le plus souvent est la prothèse totale de genou. Cette prothèse est utilisée lorsque l’usure touche le genou entier. Pendant l’intervention, le cartilage abîmé est retiré et remplacé par une nouvelle couche métallique d’environ 9 mm d’épaisseur. Cette prothèse de genou est fixée au fémur et au tibia par un genre de colle ou de ciment. Les deux éléments métalliques sont séparés par un élément en polyéthylène très dur et résistant à l’usure, sur lequel le genou peut se plier et s’étendre en souplesse. La technique appliquée est dite d’épargne musculaire, ce qui accélère la rééducation.

 

La prothèse unicompartimentale de genou ou demi-prothèse est utilisée lorsque l’usure ne touche qu’une partie du genou (l’intérieur ou l’extérieur). Elle ne peut donc pas être envisagée dans tous les cas. Le grand avantage de ce type de prothèse est qu’une grande partie du genou peut être préservée, y compris les ligaments croisés. Cela signifie donc une rééducation plus rapide, un genou plus stable et une sensation plus naturelle. À long terme, la demi-prothèse a également démontré une durée de vie au moins aussi longue que la prothèse totale de genou.

Enfin, la prothèse fémoro-patellaire ou prothèse de rotule est une sorte de prothèse unicompartimentale de genou pour les patients dont seule la rotule est usée. Les avantages sont identiques à ceux de la demi-prothèse : une grande partie du genou peut être préservée, y compris les ligaments croisés. La pose de la prothèse de genou entraîne la disparition de la douleur en mouvement et améliore la mobilité du genou. Après la rééducation, le genou doit pouvoir se plier sans problème. Mais il est tout aussi important qu’il puisse se tendre complètement. Le porteur d’une prothèse de genou peut ou doit rester actif : marche, bicyclette, nage et fitness ne posent pas le moindre souci. En revanche, les sports de contact sont déconseillés. Après l’intervention, le patient reste en général 4 à 5 jours à l’hôpital, avant une rééducation kiné de 6 semaines environ.

 

Chirurgie du genou assistée par robot Mako

Le recours au robot permet d’adapter la position de la prothèse à l’anatomie et à la biomécanique spécifiques de chaque patient individuel. Depuis avril 2018, l’AZ Delta dispose d’un robot chirurgical de qualité supérieure (Mako) pour ses arthroplasties du genou : qu’il s’agisse d'une prothèse totale, unicompartimentale (médiale ou latérale), fémoro-patellaire ou bicompartimentale (médiale et fémoro-patellaire), son implantation est réalisée sur la plate-forme Mako.

Le robot Mako exécute différentes tâches pendant l’opération. Tout d’abord, il fournit au chirurgien des informations complémentaires sur l’anatomie et la biomécanique spécifiques du patient. Ces données permettent de prédéfinir la position la plus optimale de la prothèse de genou, sur la base de chaque client individuel. Dès que la position optimale de la prothèse de genou est définie, le bras robotisé aide le chirurgien à mettre la théorie en pratique, en réalisant des coupes osseuses d’une précision allant jusqu’à 0,5 mm et 0,5°. Grâce au robot, le chirurgien peut définir la cible de manière très précise et l’atteindre effectivement.

Le robot Mako aide donc le chirurgien à déterminer la position optimale de la prothèse sur mesure pour chaque patient individuel et, une fois ce calcul effectué, il l’aide à réaliser le plan en implantant la prothèse avec une précision extrême. Le robot a encore un autre avantage, puisqu’il épargne les tissus au maximum pendant la découpe de l’os. En effet, le moteur s’arrête dès que la scie sort de l’os, un phénomène baptisé « rétroaction haptique ». Le traumatisme chirurgical est ainsi réduit, ce qui favorise une rééducation aisée et rapide. Sans oublier que le risque de complications est limité au minimum absolu. Le robot Mako peut être comparé au cockpit d’un Airbus, grâce auquel le pilote peut systématiquement atterrir sur une piste d’à peine 5 mètres de large.

Grâce à son approche multidisciplinaire qualitative, le service Orthopedie Roeselare s’est bâti une solide réputation dans le monde de l’orthopédie. L’introduction de ce robot intelligent dans le quartier opératoire est un choix délibéré de l’hôpital. Le robot est disponible sur le campus Brugsesteenweg, le site hautement spécialisé où toutes nos disciplines locomotrices travaillent en étroite concertation. Tous les spécialistes du genou attachés au campus Brugsesteenweg de l’AZ Delta maîtrisent parfaitement cette chirurgie assistée par robot.

 

interview : http://deltaplus.azdelta.be/8

Pour terminer, citons encore une série de nouveaux développements en préparation, dans lesquels le service Orthopedie Roeselare joue un rôle de pionnier. Dans certains cas, nous utilisons ainsi des instruments fabriqués sur mesure pour poser la prothèse d’un patient spécifique.

Vidéo : Itinéraire de soins Joint Care

Vidéo : La prothèse de genou expliquée

Vidéo : Technique chirurgicale pour prothèse de genou

Vidéo : Technique chirurgicale pour prothèse de genou

Révision d’arthroplastie

Une révision d’arthroplastie est une opération visant à remplacer une prothèse de genou implantée précédemment, qui s’est usée, qui ne fonctionne pas correctement ou qui s’est détachée. Avant de prendre la décision d’une révision, il est toujours important d’étudier attentivement la cause du problème. Pour ce faire, le médecin ponctionnera un peu de liquide dans le genou et prescrira une batterie d’examens d’imagerie complémentaires. Une révision est une chirurgie de précision, conçue sur mesure pour résoudre les problèmes spécifiques. Elle peut donc varier d’un patient à l’autre. Selon la nature du problème, les éléments implantés initialement devront être retirés totalement ou partiellement, puis remplacés. La prothèse implantée lors d’une révision est généralement dotée de tiges pour un meilleur ancrage dans l’os. La chirurgie de révision est une opération plus lourde que la première arthroplastie et nécessite généralement une rééducation plus longue.

Ce contenu a été écrit par : Dr. Paul GunstDr. Thomas LuyckxDr. Lieven MissinneDr. Jan NoyezDr. Peter StuerDr. Alexander RyckaertDr. Luc Van den DaelenDr. Philip Winnock de Grave

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